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Business Central v28 : ce que les directions métier doivent anticiper

Chaque mise à jour majeure d’un ERP représente un arbitrage stratégique pour les organisations : tirer parti des nouvelles capacités sans déstabiliser les processus en production.

La version 28 de Microsoft Dynamics 365 Business Central, publiée dans le cadre de la Release Wave 1 2026, ne fait pas exception mais elle se distingue par l’ampleur de ses évolutions sur trois axes simultanés :

  • L’intégration de l’intelligence artificielle dans les workflows métier
  • Le renforcement du contrôle opérationnel
  • L’introduction de fonctionnalités natives de gestion de la qualité

Pour les responsables ERP, DSI, directions financières et opérationnelles, cette version soulève des questions pratiques : quelles fonctionnalités justifient un investissement de mise en œuvre immédiat ? Quels changements obligatoires nécessitent une préparation anticipée ? Et comment structurer la transition pour maintenir la continuité des opérations ?

Les évolutions structurantes de la version 28

Copilot et agents IA : vers une intégration opérationnelle

Business Central v28 approfondit la présence de Copilot en allant au-delà de l’assistance contextuelle ponctuelle. Les agents IA peuvent désormais exécuter des tâches au sein de workflows ERP, avec des mécanismes de validation intégrés : révision et approbation des résultats générés directement depuis les pages ERP, sans sortir de l’application.

Parmi les apports visibles : des synthèses automatiques et des KPIs avancés sur les articles (niveaux de stock, performance, efficacité logistique), qui permettent une analyse plus rapide en contexte d’utilisation quotidienne.

Circuits d’approbation étendus à la supply chain

Les workflows d’approbation couvrent désormais deux nouveaux périmètres : les lots dans les journaux d’articles et les feuilles de travail de planification. Dès qu’une demande d’approbation est soumise, les lignes concernées sont automatiquement verrouillées jusqu’à décision finale: approbation, rejet ou délégation.

Ce mécanisme s’adresse directement aux organisations soumises à des exigences de séparation des tâches ou de contrôle interne renforcé.

Gestion des variantes : attributs et images au niveau article

La v28 permet désormais de gérer les attributs au niveau de chaque variante d’article, de synchroniser ces attributs depuis l’article parent, et d’associer des images spécifiques à chaque variante. Pour les secteurs retail, distribution et industrie manufacturière, où la gestion des variantes (couleur, taille, matière, spécification) est un prérequis opérationnel, il s’agit d’un gain de qualité de donnée directement mesurable.

Gestion de la qualité native : fin de la dépendance aux extensions

L’une des évolutions les plus significatives concerne l’introduction d’une gestion de la qualité intégrée nativement dans Business Central. Il devient possible de définir et d’exécuter des contrôles qualité directement dans les flux ERP à la réception achat, à la sortie de production, à la sortie d’assemblage avec vérification par article, lot ou numéro de série.

Deux fonctionnalités méritent une attention particulière : la mise en quarantaine automatique des articles échouant aux contrôles (ce qui prévient leur consommation ou expédition involontaire) et la génération de certificats qualité ou d’analyse, utiles pour la communication avec les clients et les autorités réglementaires.

Fonctionnalités obligatoires : les changements qui ne sont plus optionnels

La v28 marque également la bascule obligatoire de plusieurs fonctionnalités structurantes : un nouveau moteur de tarification ventes, la réévaluation des devises en comptabilité générale, et des améliorations à la fonction de recherche « Tell me ».

Ces changements ne sont pas des options mais ils s’imposeront à toutes les instances lors de la mise à jour.

Les enjeux derrière ces évolutions

L’IA dans l’ERP : un changement de modèle d’interaction, pas seulement de fonctionnalité

L’intégration des agents IA dans Business Central ne représente pas une simple addition de fonctionnalités. Elle modifie le rapport des utilisateurs à l’ERP : de la saisie et de la consultation vers la supervision et la validation. Les organisations qui ne préparent pas leurs équipes à ce changement d’usage risquent d’adopter la technologie sans en extraire la valeur.
La capacité à valider les résultats générés par des agents directement dans l’ERP est un signal fort de maturité de l’approche Microsoft : elle répond au besoin de contrôle que les directions opérationnelles expriment face à l’automatisation.

Ce n’est plus une question de « faire confiance à l’IA » en aveugle, mais de disposer d’un mécanisme de gouvernance structuré.:

Les circuits d’approbation : un enjeu de conformité sous-estimé

Dans de nombreuses organisations, les journaux d’articles et les feuilles de planification restent des zones de risque en matière d’auditabilité. L’extension des workflows d’approbation à ces périmètres répond à une réalité opérationnelle fréquente : des modifications apportées sans validation formelle, des données incohérentes entre départements, une traçabilité insuffisante lors des audits.
Pour les entreprises soumises à des certifications (ISO, réglementations sectorielles) ou qui opèrent avec des équipes distribuées, ce renforcement du contrôle interne a une valeur directe sur la réduction des risques de non-conformité.

La qualité native : sortir de la logique des extensions ad hoc

Historiquement, les exigences de contrôle qualité dans Business Central nécessitaient le recours à des extensions tierces ou des développements spécifiques, avec les coûts de maintenance et les risques de compatibilité que cela implique lors des mises à jour.

L’intégration native de la gestion de la qualité en v28 réduit cette dépendance et améliore la traçabilité de bout en bout dans la chaîne d’approvisionnement.
Pour les industries à forte contrainte réglementaire agroalimentaire, pharmaceutique, industrie manufacturière la mise en quarantaine automatique et la génération de certificats représentent des capacités qui étaient auparavant tributaires d’outils parallèles ou de processus manuels.

Les fonctionnalités obligatoires : un risque de régression si la préparation est insuffisante

Le nouveau moteur de tarification ventes et la réévaluation des devises en comptabilité sont des changements qui touchent des processus critiques. Pour les organisations avec des règles de prix complexes, des personnalisations ou des intégrations vers des systèmes tiers (e-commerce, CRM, logistique), ces changements peuvent provoquer des régressions fonctionnelles si la transition n’est pas anticipée et testée.

Préparer la transition vers Business Central v28

Cartographier les impacts avant la mise à jour de production

La première étape consiste à identifier les domaines de l’environnement actuel susceptibles d’être affectés par les changements obligatoires : règles de prix existantes, personnalisations liées à la comptabilité multi-devises, extensions actives potentiellement en conflit avec les nouvelles fonctionnalités natives.
Cette cartographie conditionne le périmètre du plan de tests et les ressources nécessaires pour la transition.

Activer et valider les fonctionnalités obligatoires en sandbox

La bonne pratique consiste à activer les fonctionnalités obligatoires dans un environnement sandbox avant la mise en production, en exécutant des scénarios de test couvrant les processus critiques : création de documents de vente avec les nouvelles règles de prix, traitements comptables impliquant des devises étrangères, recherches et accès aux fonctionnalités via « Tell me ».
Les anomalies identifiées en sandbox sont corrigées avant la bascule en production — et non après.

Adopter la gestion de la qualité de manière progressive

Pour les organisations qui souhaitent tirer parti des nouvelles capacités de Quality Management, une adoption progressive est recommandée : commencer par un flux d’approvisionnement limité (une catégorie d’articles, un fournisseur) avant de déployer à l’ensemble des flux de réception, production et assemblage.
Cela permet de paramétrer les critères de contrôle, de former les utilisateurs concernés et d’ajuster les processus de quarantaine avant généralisation.

Structurer l’adoption des agents IA avec une gouvernance claire

L’introduction des agents IA dans les workflows ERP bénéficie d’un cadre de gouvernance préalable : définir quels types de tâches peuvent être délégués à un agent, quelles validations sont requises avant exécution, et qui est responsable de la supervision des résultats. Sans ce cadre, l’adoption restera superficielle et la valeur potentielle sera largement sous-exploitée.

Conclusion

Business Central v28 représente une mise à jour de fond, dont la valeur ne se mesure pas uniquement à la liste des nouvelles fonctionnalités, mais à la cohérence de la direction stratégique qu’elle incarne : un ERP qui intègre l’IA comme levier de productivité contrôlé, renforce la gouvernance des données opérationnelles, et réduit la dépendance aux extensions pour des fonctions métier essentielles comme le contrôle qualité.

Chez Anfa Solutions, nous accompagnons les entreprises dans l’évaluation de l’impact des mises à jour Business Central sur leurs processus, la préparation des environnements de test, et le déploiement des nouvelles capacités en cohérence avec leurs objectifs métier.

Si votre organisation prépare la transition vers la v28 ou souhaite exploiter les nouvelles fonctionnalités IA et qualité, contactez notre équipe pour un diagnostic personnalisé.